HISTOIRE GÉNÉRALE DE L'A.SSURAXCE EN FRANCE ET A I.'ÉTRANGEH 423
justifient pleinement les immunités qui leur étaient accordées et la faveur
dont ils ont joui auprès des empereurs du bas empire. Une loi de Cons-
tantin adressée au Préfet du prétoire est ainsi conçue: « 11 convient que
„ dans toutes les villes où l'on trouve des dendrophores, ils soient réunis
„ aux centenarii el aux J'abri, il estutileque les corporations de ce genre
„ soient fortifiées par l'abondance des membres ». Symmaque écrit à
Valentinien I"r : « .. .sur ces corps pèse tout entier l'entretien de cette
« immense ville; d'autres s'occupent d'arrêter les incendies. »...
Mais ces fabri étaient redoutés par l'Empire qui considérait leur collège
comme sociétés mutuelle secrètes des plus dangereuses. Cette lettre de Pline à Tra-
jau et la réponse do l'Empereur sont des indices suffisants qui marquent le
sentiment qu'ils inspiraient au pouvoir.
Pline voulait créer un collège de fabri à Nicomédie, il en référa à
Trajàn : « Pendant que je visitais une autre partie de ma province, un
i incendie affreux a consumé, à Nicodémie, non seulement plusieurs mai-
¦' sons mutuelle particulières, mais même deux édifices publics, la maison de ville
el le temple cl'lsis, quoique la rue les séparât. Ce qui a contribué à en
« étendre les ravages, c'est d'abord la violence du vent, ensuite l'insou-
" ciance du peuple, car il paraît certain que, dans un si grand désastre, il
« est demeuré spectateur oisif et immobile. D'ailleurs il n'y a dans la
ville pour le service mutuelle public ni pompes, ni crocs, enfin aucun des instru-
ments nécessaires pour éteindre le feu. J'ai donné des ordres pour qu'il
« y en ait à l'avenir. C'est à vous, Seigneur, d'examiner s'il serait bon
« d'établir une communauté de cent cinquante artisans mutuelle. J'aurai soin, en
¦¦ effet, que l'on n'y reçoive que des artisans mutuelle et qu'on ne fasse point servir
» à autre chose le privilège accordé. 11 ne serait pas difficile de surveiller
< une association mutuelle aussi peu nombreuse. »
Trajan lui refusa l'autorisation et lui répondit: « Vous avez pensé
' qu'on pouvait établir une communauté à Nicomédie, à l'exemple de
" plusieurs autres villes. Mais n'oublions pas combien cette province et
« ces villes surtout ont été troublées par des sociétés mutuelle de ce genre. Quelque
« nom que nous leur donnions, quelque raison que nous ayons de former
« une corporation de plusieurs personnes, il s'y établira, au moins passa-
« gèrement, des intelligences de confréries. Il sera donc plus prudent de
" se procurer tout ce qui peut servir à éteindre le feu, d'engager les posses-
" seurs des biens de ville à en arrêter eux-mêmes les ravages, et, si les
,( circonstances l'exigent, d'y employer le concours de la multitude. »